Mardi-classiques saison 2006-2007

 

MARDI CLASSIQUE DU 15 MAI 2007

"COMPOSITEURS D’EXPRESSION ESPAGNOLE ET PORTUGAISE"

Pour ce dernier Mardi classique de la saison, Robert Godin et Claude Chasle nous ont concocté un programme qui cadre bien avec l’arrivée de la saison estivale. Les pays ibériques évoquent le soleil et la chaleur, éléments qui allument les passions et que la musique espagnole et portugaise illustre fort bien à travers d’œuvres riches de traditions musicales millénaires et dont les influences ont traversé leurs frontières.

L’Espagne sans la guitare, elle serait presque muette et c’est le guitariste Narciso Yepes qui nous a ouvert les portes de son pays en nous interprétant une transcription de la Sonate en mi mineur pour clavecin de Antonio Soler. Un saut dans le temps pour entendre trois extraits d’une composition importante créée au début du XXe siècle, Le Tricorne de Manuel de Falla et ensuite traverser l’Atlantique pour écouter l’œuvre la plus connue du grand compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos soit la Bachianas Brasileiras no 5. L’Espagne donna naissance à un jeune prodige que l’on surnomma le ?Mozart espagnol? et qui mourut avant d’atteindre ses 20 ans; Juan Crisóstomo de Arriaga nous laissa trois superbes quatuors à cordes et une Symphonie en Ré dont nous avons écouté le Minuetto. Narciso Yepes a repris sa guitare pour nous jouer la Suite espagnole no 5 de Isaac Albeniz suivi de son compatriote Pepe Romero dans l’interprétation du Concierto para una fiesta de Joaquin Rodrigo et entraîner ensuite ses deux frères et son père à prendre leur guitare pour nous donner une dynamique Suite espagnole de Isaac Albeniz. Deuxième départ pour l’Amérique du Sud, direction l’Argentine où le grand maître du tango, Astor Piazzolla, nous reçut en nous servant au bandonéon une de ses compositions La Camorra. Ariel Ramirez emprunta beaucoup au folklore argentin pour la composition de sa magnifique Misa Criolla dont nous avons eu droit à cinq interprétations où Mercedes Sosa et José Carreras demeurent nos préférences. Si le Portugal se montre plutôt modeste sur la scène classique il a apporté une intéressante contribution à la Renaissance et la splendide Missa Pro Defunctis de Duarte Lóbo présente un bel exemple. Aussi, le violoniste montréalais de descendance portugaise Alexandre da Costa enregistra le Concerto pour violon et orchestre de son compatriote Luis de Freitas Branco. Et pour terminer ce voyage musical nous avons pu sentir le vent chaud souffler à travers les arbres de la petite ville de Aranjuez; scène si bien illustrée dans le deuxième mouvement du célébrissime Concierto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo et magistralement rendu par Pepe Romero.

Un merci spécial à Jean-Philippe Mendes pour avoir apporté des mini-tartelettes portugaises aux œufs.

Bel été en musique

Michel Savignac


 

Mardi-classique du 17 avril 2007

"Musique russe"

Russie! pays qui n’a jamais cessé d’exciter notre imaginaire et l’âme slave qu’il a façonnée demeure toujours insondable et aussi profonde que ses immenses espaces. Il n’est pas étonnant que de ce peuple soient sortis de grands compositeurs qui ont largement enrichi le patrimoine musical universel. Des innombrables œuvres de ce répertoire il a fallu faire un choix, ce qui explique plusieurs absences; cette soirée fut plutôt une suite d’œuvres diverses suggérées par nos membres.

Les premières couleurs de cette riche mosaïque musicale furent appliquées par Balakirev par l’audition d’un extrait sa Symphonie no 1. Dans un rôle qui le rendit célèbre jusqu’à Moscou Joseph Rouleau chanta la scène de la mort de Boris Godounov de Moussorgski. Les trois magnifiques Préludes de Cui nous rappelèrent l’influence de Chopin. Borodin nous a peint un splendide petit tableau musical dans son œuvre Dans les steppes de l’Asie centrale. Les contes russes sont riches en couleurs exotiques et Rimski-Korsakov nous en donna un avant-goût dans la partie Les 3 merveilles tirée de sa suite Tsar Saltan. Les impressionnantes voix de basses russes furent représentées par les Chantres orthodoxes et le Chœur de l’Oural dans six chants religieux qui illustrèrent la foi mystique slave. Dans la forme classique trois concertos de violons se sont succédés et que l’on doit à Tchaïkovski, Chostakovitch et Glazounov. Khatchatourian présenta ses couleurs dans son Concerto pour piano en Ré majeur.

Cette soirée fut enrichie par la lecture d’extraits de poèmes d’auteurs russes. Et pour compléter l’atmosphère, à la pause le thé fut servi à la russe i.e. avec le traditionnel samovar accompagné de biscuits et chocolats russes.


Merci à Jean-Sébastien Roy d’avoir apporté son ampli intégré Atoll IN-50.

Michel Savignac


Mardi-classique du 20 mars 2007

"Musique contemporaine"

Peu jouée dans les salles de concert la musique contemporaine présente néanmoins une grande variété d’écoles et de styles. Daniel Laurin nous a préparé un programme consacré aux compositeurs minimalistes qui se caractérisent, entre autres, par une répétition soutenue du thème principal.

C’est une œuvre intitulée In C de Terry Riley qui nous introduisit dans ce mouvement qui prit naissance aux Etats-Unis. Philip Glass, un des compositeurs influants en ce domaine, lui succéda par l’audition de trois œuvres :Koyaanisqatsi et Mishima qui servirent de trames sonores suivies d’une parution toute récente Heroes Symphony. Un autre compatriote se fit entendre, John Corigliano, par l’interprétation de Hélène Grimaud de sa pièce pour piano solo Fantasia on an Ostinato. A l’ère des communications le mouvement minimaliste ne connaît pas de frontières et du compositeur japonais
Somei Satoh nous avons écouté sa Litania pour deux pianos et ‘digital delays’. Ce programme s’est terminé par l’écoute d’une œuvre du compositeur britannique Gavin Bryars Jesus blood never failed me yet chanté par un clochard et répété ad libitum.

Après la pause l’auditoire a été mis deux fois à l’épreuve. Jean-Marc Serre a distribué à chacun une feuille de partition de la partie Hostias du Requiem de H. Berlioz et à l’audition de deux interprétations (Chœur de la Radio Leipzig avec l’Orchestre symphonique de la SWR, dir. par Sir Roger Norrington vs le Chœur et l’Orchestre symphonique d’Atlanta dir. par Robert Spano) nous devions choisir laquelle respecte le plus la partition. C’est la version de Robert Spano qui se montre la plus fidèle. Au Quiz de Claude Chasle, une rareté : Ouverture, Iphigénie en Aulide de C. W. Gluck arrangée
par R. Wagner et l’air Quel nouveau ciel en ces lieux de l’opéra Orphée et Eurydice du même compositeur chanté par Léopold Simoneau.

Des CD apportés par les membres nous avons écouté La soirée dans Grenade tirée du nouveau CD consacré entièrement à des œuvres de Claude Debussy et interprétées par l’Orchestre symphonique de Québec dir. par Yoav Talmi. Le célèbre guitariste espagnol Pepe Romero nous interpréta trois œuvres de son pays dont le fameux Recuerdos de la Alhambra de F. Tarrega. Itzhak Perlman conclut la soirée par son interprétation des Variations sur un thème de Corelli de Fritz Kreisler.

Nous remercions Daniel Laurin d’avoir apporté ses enceintes Jordan JX92S et son préampli passif Prometeus ainsi qu’à Jacques Roy d’avoir alimenté le tout avec son ampli Tri-Path de AudioDigit.

Michel Savignac


Mardi-classique du 20 février 2007

"Nouveautés et coups de coeur."

Cette soirée fut la plus courte des mardis classiques; elle dura une heure et demie. Une panne d’électricité locale mit fin abruptement à notre activité.

Pierre André Dion ouvrit la soirée en nous présentant le CD Classic Marsalis. Ce trompettiste de jazz américain accompagna Kathleen Battle dans le célèbre air de G. Handel Let the Bright Seraphim pour ensuite nous donner une interprétation fluide et sensuelle des Variations sur ’Carnaval de Venise’ de J. B. Arban et du Concerto pour trompette de H. F. Tomasi.
En cette année anniversaire de la mort de Glenn Gould l’ensemble hollandais Amati String Trio lui dédie leur album des Variations Goldberg; les deux mouvements entendus nous ont montré une interprétation sobre mais enrichie par la beauté des timbres des trois instruments. L’automne dernier dans le cadre du Festival Orgue et couleurs l’Orchestre Métropo- litain du Grand Montréal enregistra « live » une mémorable interprétation de la Symphonie no 7 de Anton Bruckner; l’audition du dernier mouvement nous a convaincus. Avant la panne il y a eut une courte présentation du coffret Les grands classiques d’Edgar comprenant 6 disques compacts où Edgar Fruitier, mélomane connu et respecté, nous présente ses coups de cœurs.
Merci à Jacques Roy de nous avoir apporté son ampli de 50 watts qu’il
a monté à partir du circuit Tri-Path de AudioDigit.


Michel Savignac


Mardi-classique du 16 janvier 2007

"Harmonica et accordéon classique"

Lorsque l’on parle d’harmonica et d’accordéon tout de suite nous viennent à l’esprit des airs de café-concert et de music-hall. Après avoir écouté les œuvres présentées dans un programme bien préparé par Pierre A. Dion notre idée ne sera plus totalement la même en sachant que ces instruments peuvent servir noblement des œuvres du répertoire classique.

A l’accordéon il a suffi d’entendre Vladimir Sidorov interpréter la Finale du Concerto pour violon en Ré de Tchaïkovski, Joseph Petric jouer les Cyclopes de Rameau et Marin Nasturica rendre la Valse caprice, opus posthume, de Chopin. Du côté de l’harmonica, Larry Adler a dépeint habilement l’atmosphère de Rhapsody in Blue de Gershwin, Tommy Reilly a montré son art dans le Divertimento pour harmonica et quatuor de violons de Gordon Jacob. J. S. Bach et J. Haydn furent présentés, le premier dans un Arioso interprété par Chris Bauer et le deuxième dans le Concerto pour trompette façonné par Fata Morgana. Après un rêve de Fauré n’a pas perdu de son charme interprétée par Claude Saubestre. Paganini à l’harmonica? pourquoi pas quand on est maître de son instrument comme Franz Chmel qui nous a donné un extrait de Le Streghe, op. 8. Et Jerry Murad and his Harmonicats nous ont montré qu’ils peuvent simuler un orchestre.

Dans la partie quiz de Claude Chasle, l’œuvre à trouver fut l’Automne des Saisons de A. Glazounov avec l’Orchestre symphonique de l’URSS dirigé par E. Svetlanov.

Denis Vandal nous a fait entendre le Concerto pour hautbois, RV 455, de Vivaldi dans une magnifique interprétation de l’Armonia E l’Inventione dirigé par Alfredo Bernardini.

Michel Savignac


 

MARDI CLASSIQUE DU 21 novembre 2006

"Récolte automnale"

Pour cette dernière soirée de l’année 2006 nous avons demandé aux abonnés du Mardi classique d’apporter leurs découvertes et/ou des œuvres qu’ils chérissent. Le temps nous a manqué tant la récolte fut abondante.

A tout seigneur, tout honneur J. S. Bach ouvrit la soirée avec une écoute comparative des Variations Goldberg interprétées par Rosalyn Tureck et Glenn Gould, édition 1981. Le grand pianiste canadien resta au piano pour nous interpréter une Fantaisie et une Allemande de Orlando Gibbons. Pour demeurer dans l’esprit du XVIIe siècle c’est François Couperin qui nous régala par trois pièces de viole : Allemande légère, La Chemise blanche et une Sarabande grave interprétées par Jordi Savall et Ariane Maurette à la basse de viole et Ton Koopman au clavecin. Jacques Offenbach nous surprit par une très belle œuvre instrumentale rarement jouée Deux âmes au ciel pour violoncelle et orchestre rendue par Werner Thomas au violoncelle et l’Orchestre de chambre de Munich dirigée par Hans Stadlmair. A l’occasion de la mort de George V Paul Hindemith écrivit une magnifique Trauermusik nous l’avons écoutée dans la poignante interprétation de Kim Kashkashian à l’alto accompagnée de l’Orchestre de chambre de Stuttgart dirigée par Dennis Russell Davies. Dans une atmosphère plus allègre mais plein de rigueur le dernier CD de l’ensemble Les Violons du Roy consacré à Astor Piazzolla et dirigé par Jean-Marie Zeitouni nous a amenés dans un époustouflant tango. L’esprit du chant évangélique américain nous a été offert par les célèbres voix féminines Anonymous 4 dans leur nouveau CD Gloryland. Un bref séjour dans une légende antique nous fut accordé par l’Ouverture de Sémélé composé par Marin Marais et interprété par le Montréal baroque dirigé par Wieland Kuijken. Le temps a semblé suspendre son vol par l’écoute de la musique intemporelle de la compositrice grecque Eleni Karaindrou extraite d’un album double compilation Elegy of the Uprooting. Si le talent n’attend pas le fruit des années pour se manifester c’est ce que nous a demontré le jeune compositeur américain Jay Greenberg (né en 1991) à l’écoute de sa 5e symphonie composée entre 12 et 14 ans; elle est endisquée par la London Symphony Orchestra dirigée par José Sérébrier. La magni- fique voix haute-contre de James Bowman se fit entendre dans le Dixit Dominus des Vêpres pour la Nativité de la Vierge de Verdi; La Grande écurie et La Chambre du Roy dirigées par Jean-Claude Malgoire l’accompagna. Charles Aznavour s’avère un magnifique conteur à l’écoute de sa narration de Pierre et le loup de S. Prokofiev. Claudio Abbado dirige l’Orchestre de chambre de l’Europe.

Bonne fin d’année en musique et rendez-vous en janvier.

Michel Savignac


MARDI CLASSIQUE du 17 octobre 2006

"Musique en format vinyle"

Table analogique : Oracle, modèle Delphi, MK V, bras :SME, modèle IV, cellule : Benz Micro M09Après près de 25 ans de règne le CD n’a jamais réussi à enterrer complètement le disque microsillon et cette soirée nous a fait comprendre pourquoi. Malgré quelques inconvénients (entretien et usure) la fameuse galette noire présente toujours cette qualité si précieuse aux audiophiles de restituer la musique avec un naturel et une présence palpable. Les enregistrements en- tendus datent de l’époque d’or du vinyle, i.e. de la fin des années soixante au début des années quatre-vingt. Comme les bons vins ils font partie des grands millésimés :


Ampli : Jeff Rowland, modèle 112 Préampli : PS Audio, modèle GCPH

  • Handel, G. F., Royal Fireworks. English Chamber Orchestra, Raymond Leppard, dir. Philips, 1972.
  • Stravinski, I., Petrouchka. Orchestre Columbia, I. Stravinski, dir.Columbia, 1962.
  • Bach, C.P.E., Concerto double pour clavecin et fortepiano en Mi. Li Stadelmann, Fritz Neumeyer; Concert Group of The Schola Cantorum Basiliensis. Archive Produktion, 1964.
  • Schubert, F., Serenade D.920. Brigitte Fassbaënder, Wolfgang Sawallisch.
    Pathé Marconi (E.M.I.) 1981.
  • Rodrigo, Joaquim, Concerto Serenade pour harpe et orchestre. Nicanor Zabaleta, Orchestre symphonique de Radio Berlin, Ernst Märzendorf, dir. DGG, 1975.
    Enceintes : deux voies avec radiateur passif de fabrication domestique par Jacques Roy.
  • Système sonore : Table analogique : Oracle, modèle Delphi, MK V, bras :SME, modèle IV, cellule : Benz Micro M09;
  • Préampli : PS Audio, modèle GCPH;
  • Ampli : Jeff Rowland, modèle 112;
  • Enceintes : deux voies avec radiateur passif de fabrication domestique par Jacques Roy.

 


Michel Savignac



 

MARDI CLASSIQUE du 19 septembre 2006

"La clarinette"

Jean-Marc SerreQuelle chance pour les mélomanes du Mardi classique d’ouvrir la saison en présence d’un musicien. Jean-Marc Serre, membre de l’A.M.A., est musicien de formation. Après des études au conservatoire et à l’Université Mc-Gill il fut clarinettiste de l’Orchestre des jeunes du Québec avec qui il participa à de nombreuses tournées. Il nous présenta avec grand enthousiasme son instrument, son histoire et sa technique pour ensuite terminer en nous interprétant un extrait d’une sonate de Carl Stamitz. Le programme, judicieusement préparé par notre invité, étaient composé d’œuvres de différentes époques dédies à la clarinette.

La deuxième partie comprena le quiz de Claude Chasle oû Le Système de la soirée.l’œuvre mystère fut un extrait des Moments musicaux D. 780 de Franz Schubert interprétés par Alexandre Tharaud. Les autres extraits musicaux, provenant de CD apportés par les membres, furent : 1er mouvement du Quatuor pour la fin du temps d’Olivier Messiean; Adagio du Concerto pour clarinette K. 622 de W. A. Mozart et 1er mouvement de la sonate pour piano op. 26 de L. van Beethoven.

Système sonore :

  • Lecteur : Cary SACD-306
  • Préampli : Simaudio Moon P-3
  • Ampli : Adcom AD-545-II
  • Enceintes : Magneplanar, modèle II accompagnées des
  • caissons de sous-graves BSA conçus par Jacques Roy.

Michel Savignac

La clarinette de M Serre